UIPI lance une série d’article sur le patrimoine culturel bâti

Leur propriété est notre patrimoine!

En 2018, l’Union européenne célèbre l’Année européenne du patrimoine culturel, une initiative visant à encourager davantage de personnes à découvrir notre patrimoine européen et à renforcer notre sentiment d’appartenance.

Si la définition de ce qui relève du patrimoine culturel est extrêmement large, l’idée que s’en fait le public est parfois restrictive. Notre patrimoine culturel bâti commun en particulier ne se borne pas à des grands monuments, des palais ou des sites archéologiques comme beaucoup le pense. Il est également composé de milliers de bâtiments privés, qui mettent en valeur notre mode de vie, nos valeurs, nos traditions et notre histoire commune. La préservation de ces bâtiments est le résultat de la dévotion de leurs propriétaires actuels et des générations qui les ont précédés. C’est pourquoi l’Union internationale de la propriété immobilière a décidé de faire de cette année l’année de ceux qui investissent dans notre patrimoine en préservant leurs bâtiments.

Préserver notre histoire commune

Protéger et pérenniser notre culture est important. La conservation de nos grands monuments est la plupart du temps assurée. Par contre, le patrimoine culturel privé est souvent négligé bien qu’il soit un vecteur important de notre histoire, de notre identité et de nos traditions. La détérioration de ce patrimoine privé représente la détérioration de nos villes et de nos campagnes et parfois de nos nations. Sa disparition marque la disparition de témoignages de notre histoire locale, régionale, nationale et européenne. Et avec elle un morceau de notre identité.

Notre environnement bâti est composé en grande partie de bâtiments privés. Certains sont classés, d’autres ne le sont pas, mais tous nous offrent un sens de l’orientation et de la perspective. Ils échouent souvent à faire les gros titres, mais ils sont parfois aussi importants que nos grands monuments. Ils incarnent nos traditions, notre mode de vie et notre évolution en tant que peuple. C’est pourquoi la sensibilisation à leur sujet et aux défis auxquels leurs propriétaires doivent faire face est essentielle. Bien qu’ils soient la maison d’un autre, ils sont notre héritage !

Assurer la préservation du patrimoine culturel privé doit faire partie de nos agendas. Si nous voulons nous réapproprier nos centres villes et revitaliser nos campagnes. Si nous voulons garder notre place de premier continent touristique. Alors il faut garder à l’esprit que le patrimoine culturel privé contribue de manière significative au secteur du tourisme en Europe : près de 50% des bâtiments sont dans des mains privées et, selon l’Association européenne des demeures historiques, le patrimoine culturel a à titre d’exemple généré 335 milliards d’euros en 2010 pour le secteur du tourisme européen, dont 35% provenaient de bâtiments historiques privés. 

Patrimoine bâti – Un avenir incertain

Si la nécessité de préserver notre patrimoine ne fait aucun doute, il n’en reste pas moins que son avenir est parfois incertain. Restaurer un bien privé dans les règles de l’art ou investir dans des travaux de prévention plutôt que se contenter de petites réparations ici où là nécessite un effort individuel considérable de la part des propriétaires ou des co-propriétaires. Pa ailleurs, trouver un équilibre entre modernité et patrimoine est un exercice délicat. Faciliter la mobilité et l’accessibilité de nos concitoyens, poursuivre la lutte contre le réchauffement climatique, faire face à la densification de nos grandes métropoles ou simplement pourvoir à l’adaptation de notre bâti aux exigences de nos sociétés modernes à des implications évidentes sur notre patrimoine. Si les bâtiments classés sont relativement bien protégés d’un risque de dénaturation excessive, il n’en va pas forcément de même pour la grande majorité de notre patrimoine immobilier qui doit se conformer à un ensemble toujours plus important de normes et d’exigences techniques. Dans un tel contexte, il devient difficile d’en préserver l’essence et l’esthétique, ou alors cela a un coût qui peut se révéler considérable. Les exemples ne manquent pas. Isoler un bâtiment dont la façade et parfois l’intérieur est protégé nécessite un savoir faire spécifique et des interventions délicates. Mettre aux normes un ascenseur centenaire sans en perdre le charme est l’affaire d’un nombre limité d’experts et sont des dépenses qui alourdissent énormément le budget des petites copropriétés.    

Trouver des solutions adéquates et durables en faveur du patrimoine culturel bâti privé devrait être une priorité européenne et nationale. C’est parfois le cas dans certains pays européen, mais ce n’est pas toujours une évidence. Le nombre croissant d’exigences techniques que les propriétaires doivent respecter requiert une réflexion profonde et équilibrée. Plaider pour des politiques fiscales attrayantes encourageant les propriétaires à restaurer leurs bâtiments est une évidence. Mettre en place ou simplement maintenir des subventions pour la rénovation et la mise aux normes de ces bâtiments ne doit pas seulement être vu comme un coût pour la société. C’est aussi un investissement qui crée des emplois nouveaux aux compétences spécifiques ou qui en pérennise d’autres avec des savoir-faire ancestraux. C’est un investissement qui génère des revenus économiques direct ou indirect en contribuant notamment à l’activité touristique. Il en va de même pour les mesures incitatives qui encouragent les propriétaires privés à ouvrir leurs bâtiments historiques au public. Cela a des effets positifs sur l’économie locale mais également sur l’environnement social et la vie culturelle des villes et des campagnes. 

Promouvoir le bâti privé et ses propriétaires

L’année du patrimoine culturel est donc le moment idéal pour mettre en lumière ces milliers de propriétaires privés qui, jour après jour, se battent pour préserver leur bien. Ces propriétaires sont des « mandataires » de notre capital culturel qui ont choisi de le préserver au profit de la génération future, mettant ainsi en valeur l’évolution de notre identité, de nos mentalités et de notre histoire.

Leurs bâtiments sont des sources de notre mémoire collective. Ils racontent des histoires personnelles tout en reflétant notre héritage culturel. Ils sont des ponts entre notre passé et notre avenir.

C’est pourquoi l’UIPI a décidé de publier tout au long de l’année 2018 une série d’articles pour raconter l’histoire de ces propriétaires, leurs aspirations et leurs réflexions ainsi que leurs efforts pour protéger notre patrimoine commun. Nous invitons également nos membres à s’emparer du sujet et éventuellement à collaborer avec des associations membres de l’Association européenne des demeures historiques pour organiser des événements au niveau local dans le cadre de l’Année européenne du patrimoine culturel, afin de mettre en valeur ces millions de biens immobiliers qui constituent notre patrimoine et ceux qui, jour après jour, en prennent soin.

UPCOMING ARTICLE

In May, for our second portrait, we will go to Spain, precisely to a region, Catalonia, full of traditions and untouched nature. There we will interview Joan Botey to discover and learn about his historical masia, a rural construction dating from the Kingdom of Aragon that forms an integral part of the Spanish historical heritage.